
Combien coûte une application mobile en Côte d'Ivoire ?
La plupart des agences ivoiriennes répondent à cette question par un formulaire de devis. On va y répondre directement.
Les fourchettes ci-dessous sont celles que nous pratiquons chez Todou Studio, sur des projets que nous avons livrés. Elles ne font pas autorité sur tout le marché — d'autres agences facturent autrement, et ont leurs raisons. Mais elles sont réelles.
Les fourchettes
Application vitrine ou catalogue — à partir de 1 000 000 FCFA HT
Contenu, navigation, formulaire de contact. Pas de compte utilisateur, pas de paiement. Quelques semaines.
Application avec comptes utilisateurs — à partir de 2 000 000 FCFA HT
Inscription, connexion, profils, données synchronisées. Le premier vrai palier : il faut un serveur, une base, une politique de sécurité.
Application transactionnelle — à partir de 7 000 000 FCFA HT
Paiement mobile money, portefeuille, commissions, historique. Chaque flux d'argent ajoute des règles, des cas d'erreur et des tests.
Application temps réel — à partir de 10 000 000 FCFA HT
Géolocalisation, messagerie, notifications, appels. C'est le palier de Rush : ce n'est plus une application, c'est un système.
Ces montants couvrent la conception, le design, le développement, les tests et la publication sur les stores. Pas la maintenance — voir plus bas.
L'écart entre 2 et 7 millions surprend souvent. Il ne tient pas au nombre d'écrans : il tient au moment où l'application touche à de l'argent. Voir la section suivante.
Ce qui fait varier le prix
Le nombre de rôles. Une application avec un seul type d'utilisateur coûte bien moins qu'une application avec un client, un prestataire et un administrateur. Trois rôles, ce sont trois parcours à concevoir, développer et tester. C'est le facteur le plus sous-estimé dans les briefs.
Le paiement. Brancher Wave, Orange Money ou Kkiapay n'est pas une case à cocher. Il faut gérer les échecs, les doublons, les remboursements, la réconciliation. Un projet sans paiement et le même projet avec paiement ne sont pas le même projet. C'est là que se joue le passage de 2 à 7 millions.
Le temps réel. Afficher une position qui bouge, livrer un message instantanément, notifier un appareil éteint : chacune de ces phrases cache une infrastructure.
Le hors-ligne. À Abidjan, le réseau tombe. Une application qui doit fonctionner en 2G ou sans connexion demande une architecture différente, pensée dès le départ. Ajoutée après coup, elle coûte une réécriture.
Ce qui ne fait presque pas varier le prix : le nombre d'écrans. C'est pourtant la première chose qu'on nous cite. Vingt écrans simples coûtent moins cher que trois écrans avec du paiement.
Les coûts que les devis oublient
La maintenance : 500 000 FCFA par an. Une application n'est pas livrée une fois. Apple et Google imposent des mises à jour de conformité chaque année ; sans elles, l'application est retirée des stores.
L'hébergement : 300 000 FCFA par an. Chez nous, l'infrastructure est auto-hébergée et les données restent chez le client mais c'est un choix, et il a un coût.
Les comptes développeur. Apple, 99 USD par an. Google, 25 USD une fois. À la charge du client, à son nom : un compte au nom de l'agence est un piège dont on ne sort pas.
Les évolutions. Le budget initial couvre ce qui était prévu. Ce qui apparaît à l'usage — et il en apparaît toujours — est autre chose.
Une application transactionnelle à 7 millions coûte donc 800 000 FCFA par an à faire vivre. Un devis qui ne mentionne pas ce chiffre ne l'a pas supprimé : il l'a reporté.
Comment lire un devis
Un devis très bas cache un périmètre très étroit. Ce n'est pas malhonnête en soi. Le problème arrive quand ce qui manque apparaît en cours de route, et que chaque ajout devient un avenant.
Demandez qui possède le code. Certains contrats laissent la propriété à l'agence. Vous payez, vous n'avez rien. C'est la question à poser avant le prix.
Demandez où sont les données. Sur quel serveur, dans quel pays, sous quelle juridiction, et récupérables comment le jour où vous partez.
Demandez à voir tourner. Pas des maquettes : une application publiée, téléchargeable, avec des utilisateurs.
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
Nous sommes une agence, et cet article sert nos intérêts. Autant l'écrire.
Nous concevons et exploitons nos propres produits CV Hub, Rush, Zino. Nous vivons donc avec nos décisions techniques au lieu de les livrer et de partir. Nos applications tournent sur une infrastructure que nous administrons, sans dépendance à des services tiers.
Ce n'est pas la moins chère des approches. Si votre besoin est une application vitrine à 1 million, une agence classique fera très bien l'affaire, et nous vous le dirons.
